Balivernes et philo
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Expérimentation non destructrice
L'intrépide qui expérimente doit souvent faire face à un cruel dilemme: Pour connaître il faut détruire. Prou ou peu il lui faudra tailler dans le vivant, saccager la matière , dévaster les minéraux et que sais-je d'autres actions que les gentils écologistes réprouvent. Ainsi du médecin qui faisait mourir ses patients certes mais les faisait mourir guéris. Mais qui travaille sur le néant n'encoure pas de tels reproches, il peut échantillonner à loisir, le néant est incommensurable et on peut en extraire autant d'échantillons que l'on souhaite. On peut dire véritablement que le néant est indifférent à la prodigalité comme au gaspillage. Toutefois, en matière de science il faut rester prudent. Car si l'on détruit du néant ne risque-t-on pas de créer quelque chose? Est on bien certain que le quelque chose issu du néant soit sans danger?
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Et quand il n'y a plus rien.
Nous allons tenter de reprendre nos expériences. Nous sommes donc dans une pièce, ce pourrait être aussi bien dehors mais nous sommes un peu craintifs et un environnement mural est de nature à nous rassurer quand il est percé d'une porte que nous pouvons ouvrir ou fermer à notre guise. Dans cette pièce, après nous être mis dans un état de sérénité convenable, nous allons déterminer un espace d'environ quatre mètres cubes de contenance, situé entre sol et plafond (et là que nous comprenons que dehors ce n'est pas si commode) et à peu près équidistant des quatre murs (si tant est que la pièce où se déroule l'expérience ne soit pas hexagonale , triangulaire ou biscornue ) Comme notre vue ne nous permet de matérialiser ni l'air que cet espace contient, ni les poussières qui s'y agitent, (si tant est qu'un éclairage latéral dans un local peu éclairé ne nous les rende sensibles) nous dirons que cet espace est vide au moins de tout objet visuel. En résumé, il n'y a rien. Admettons alors, que par une fenêtre restée ouverte, un couple de corneilles (et pourquoi pas) s'introduise dans la pièce et volette au beau milieu de notre espace précédemment vide. Il n'y a plus rien. Et c'est justement parce qu'il y a quelque chose qu'il n'y a plus rien. Le monde est incohérent.
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Lourd et vide au musée.
Dans ma prime jeunesse, qui à l'échelle du temps sidéral n'est pas si lointaine, j'accoutumais de me rendre au Musée d'Art Moderne qui alors n'était pas logé chez Monsieur Pompidou. J'étais à l'époque particulièrement intéressé par les grandes sculptures de métal, on me pardonnera, ou pas, de ne pas citer le nom des artistes. Ces formes en cuivre ou autre me paraissaient prodigieuses tant par leur forme que parce que je ne parvenais pas à imaginer comment elles avaient été réalisées. Car je les pensais pleines. Respectueusement je m'abstenais de les toucher, quand osant enfin les heurter légèrement de la main, je m'aperçus qu'elles étaient creuses. Comme je fus déçu et les ai trouvées immédiatement moins belles. Déjà le vide et le plein, le lourd et le lèger me préoccupaient
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Avec ou sans commentaires
De, rares, lecteurs étaient accoutumés à me laisser ici de sympathiques commentaires. Trois fois hélas d'infâmes spameurs m'inondaient de pub pour des montres contrefaites voire pire. Aussi, provisoirement j'espère, j'ai fermé les commentaires. Mais je peux toujours lire les anciens dont beaucoup me tiennent à coeur. Après quelques semaines ( ou mois) je tenterai de les ouvrir de nouveau.
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Du pesant sous son aspect le plus dur
Il y a peu, et avec un brin d'imprudence, j'annonçais que, oubliant le léger, je me consacrerai désormais et jusqu'à plus tard à l'étude du lourd sous tous ses aspects. Mais c'était sans compter sur mon inconstance et le propos en est restée au niveau de l'intention légèrement affirmée. (on le voit je reste imprégnée propos éthérés propres aux discours sur le vide ) Il faut croire que l'on invoque pas les dieux du pesant en vain et qu'il est moins dangereux de taquiner les zéphirs et autres elfes. Et ce jour, les solides entités de la matière pondéreuse ont voulu me rappeler à plus de respect. Et c'est ainsi que, selon une technique que je pratique depuis de nombreuses années, je m'étais mis en devoir de découper une cloison en tronçons pour la remonter à un endroit me paraissant plus adéquat. Après avoir joué de la meuleuse un temps suffisant, un tronçon d'environ un mètre de large était désolidarisé du restant de la cloison, quand, mettant en oeuvre les moyens de faire glisser la maçonnerie à l'emplacement souhaité, je m'avisais que le fragment de mur se fendait dans sa partie supérieure que, pour parler commun, j'allais le prendre sur la gueule et que si je me contentais de m'écarter pour regarder tomber la chose, il en résulterait un grand désordre dans mon installation plombière, facteur d'ennuis ultérieurs sans nombre. On voit qu'en l'occurence je n'accordais aucun crédit aux théses de Berkeley et que je considérais le défonçage qui menaçait mon crâne comme une chose pouvant devenir bien réelle et sans aucun des caractères d'une illusion. Il me fallu étayer, serre jointer, aller et venir de part et d'autre, m'assurer le concours de tierce personne, découper le tronçon en plus petites entités, pour qu'enfin la menace de basculement incontrôlé facteur de défonçage de crâne, soit contournée. D'où j'en conclus provisoirement que le pesant est plus difficile à manier que le vide.
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Des objets dissemblables
A titre d'exemple, nous affirmions l'autre jour qu'entre deux éléments quelconques et néanmoins hétéroclites tels qu'une passoire et un piano à queue il n'existe qu'un rapport ténu pour ne pas dire inexistant. Nous avons voulu vérifier cette affirmation rapide, voire sommaire et irréfléchie et nous voici maintenant interloqué car il existe plus de parentés souterraines entre ces deux objets qu'entre deux autres (que nous ne citerons pas pour ne pas avoir à y revenir) Nous disions donc qu'un piano à queue n'a rien d'une passoire et réciproquement. Si nous nous arrêtions aux objets proprement dits, il y aurait peu à ajouter: aspect, taille, matière, formes, lourdeur, sonorité. Tout diverge, rien ne cousine si ce n'est la lettre initiale des mots qui les désignent . Si nous examinons la destination de ces ustensiles, nous devrons être plus prudent et expérimenter par nous même. Une approche judicieuse serait de voir si l'un des objets peut rendre le même service que l'autre, en tout ou partie. Nous comprendrons assez vite que la passoire n'est pas sans ressources s'il convient de faire de la musique, elle peut être frappée en cadence et, selon le métal dont elle est façonnée, résonner plus ou moins, si l'on souffle dans les trous de l'instrument on ne produit qu'un son médiocre mais, et c'est là qu'elle montre ses plus grands talents, si on l'empli d'eau, celle ci s'écoule en produisant un son gracieux qui n'est pas sans évoquer une douce pluie d'automne. Conforté par ce premier résultat, c'est plein d'enthousiasme que nous poursuivrons l'expérience et nous mettrons en devoir d'égoutter des spaghetti à l'aide d'un piano à queue. Déjà nous éprouverons de la difficulté à faire entrer l'objet dans la cuisine et devrons réaliser nos manipulations dans le salon de musique ce qui en soi n'est pas un obstacle rédhibitoire. Quand nous aurons versé la gamelle de spaghetti dans le piano à queue, nous pourrons faire deux constatations: La première que l'eau est effectivement séparée des spaghetti, la seconde que les spaghettis sont difficilement récupérables car ils s'entortillent autour des cordes du piano. Comme nous sommes opiniâtre voire obstiné nous expérimenterons avec d'autres sortes de pâtes et constaterons que les grosses penne rigatte sont les moins inadaptées à l'égouttage pianistique. Par contre nous devrons constater que le son du piano est défavorablement affecté par l'expérience. Pour terminer l'examen des parentés entre les deux objets, nous exposerons qu'il est commode un jour de carnaval de s'aller promener une passoire sur la tête et qu'il est pratiquement impossible de faire de même avec un piano à queue. D'où nous tirerons la conclusion que la passoire est d'un usage plus large que le piano à queue, bien que ce dernier nécessite pour sa fabrication plus d'art de matière et de temps.
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Du vide au lourd
Pour cette nouvelle année, en effet depuis que j'ai découvert avoir de la parentelle papale je me sens autorisé à faire débuter l'année quand bon me semble, cette année j'envisage donc de consacrer les pages à venir à l'étude du lourd, après avoir épuisé non pas le sujet mais le lecteur par tant de considérations venteuses. Déjà, j'affirmerai qu'il existe plus de rapports entre le lourd et l'ultra léger qu'entre deux éléments quelconques et néanmoins hétéroclites, tels qu'une passoire et un piano à queue (je serais certainement contraint de mettre cette dernière affirmation en lumière mais j'y reviendrai plus tard) Nous serons donc, durant les trois cents soixante cinq jours à venir (sauf si ma licence papale me pousse soit à réduire soit à abréger l'an xiaoien (comme on dit julien ou grégorien)) aux prises avec le lourd, ce qui est une tâche pleine de difficultés. Nous n'hésiterons pas pour mener ce travail à bien, à recourir aux aides que peuvent nous apporter les plus grands philosophes, et en premier lieu nous nous adjoindrons le concours précieux de Berkeley qui nous enseigne que le solide et le lourd sont illusion, considération qui nous rendra immédiatement un grand service dans la manipulation de ces objets. Et il ne sera pas dit que nous n'en viendrons pas à examiner les correspondances possibles entre ce Berkeley et le fameux Lao Tseu qui pour avoir laissé une trace profonde avant commencé par n'exister point.
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Encore des questions sur le rêve de Zhuangzi
Dans une petite bourgade de Chine dont je ne puis même pas prétendre avoir oublié le nom, vivait de façon éphémère un certain papillon dont on ne peut rien dire en particulier, sauf qu'il n'avait jamais rêvé ni qu'il était Zhuangzi, ni que celui-ci le rencontrait en songe. A vrai dire, il fut un temps où ce papillon ignorait parfaitement qui était ce Zhuangzi et quelle importance il pouvait avoir dans le monde des papillons comme dans celui des hommes. Seulement il avait nombre de cousins papillons qui tous se félicitaient que Zhuangzi se réveillait au matin en pensant n'être qu'un frêle papillon, chacun étant persuadé être précisément le papillon même que le sage se croyait devenu. Car le bruit avait fini par se répandre que ce Zhuangzi était un sage et même bien plus encore. Le papillon qui nous occupe, nous pourrions le nommer Bzy, n'était pas un de ces somptueux lépidoptères qui ont leurs portraits dans les livres des hommes et sont pour cela très convoités de ces créatures avides qui les épinglent dans des boites et les montrent à leurs amis qui pourtant n'en ont cure. Zhuangzi n'était pas un collectionneur de papillons, sa seule ambition semble-t-il était de voleter de fleur en fleur et c'est pour celà qu'il en rêvait chaque nuit et finissait par penser qu'au réveil, il était demeuré lui au milieu d'un songe de papillon qui ambitionnait de devenir un sage parmi les sages, car seul un homme particulièrement sage peut espérer devenir papillon. Bzy était de ces petites créatures bleues de taille modeste qui abondent en montagne autour des flaques d'eau et ce qui le tourmentait particulièrement c'est qu'un de ses semblables se rêvait Zhuangzi chaque nuit sans exception. L'autre avait beau lui expliquer qu'il en savait quelque chose et que se voir dans la peau d'un homme qui n'a d'autre but que d'être papillon ne présentait pas un avantage très enviable, Bzy n'en croyait rien car il en est des papillons comme des autres êtres, beaucoup tiennent l'expérience d'autrui pour nulle. "Si un personnage si considérable que Zhuangzi a l'idée d'être papillon, un homme qui écrit des livres et dont on parle dans d'autres livres, c'est qu'il a un dessein particulier connu de lui seulement et si tu ne l'as percé c'est que tu es incapable de rentrer assez profondément dans son rêve L'autre répondit vertement " Hé bien, toi qui n'es pas même capable d'être Zhuangzi en rêve, puisque tu es si malin, vas donc lui demander toi même quel est son dessein profond, peut être alors rêvera-t-il de toi et je serai enfin délivré de ce cauchemar" On a vu quelle façon le rêveur fut libéré, je regrette d'ailleurs l'avoir déjà révélé, mais cela est une toute autre histoire. Prenant son congénaère au mot, et sans se retourner, sans regretter les immenses prairies fleuries où il vivait, sans s'aviser de ce que penserait de lui sa proche famille, sans prendre congé de qui que ce soit, Bzy s'en alla à tire d'ailes, si l'on peut dire, vers la contrée où il avait entendu dire que vivait Zhuangzi. La Chine n'était pas en ce temps là un pays aussi immense que celui que nous connaissons de nos jours, mais pour une aussi chétive créature que Bzy parcourir des milliers de Li en voletant restait une épreuve démesurée. Non seulement il fallait battre des ailes durant des jours et des jours en dépit de la fatigue, mais il fallait éviter des millions d'oiseaux insectivores, les feux nocturnes, la pluie et la sécheresse, les chasseurs de lépidoptères et mille autres dangers dont il n'avait pas la première idée. Ce fut un long et éprouvant voyage, et beaucoup plus encore que l'on pense car pour sa part, Zhuangzi s'était mis en chemin pour rencontrer le papillon qui occupait ses rêves et les deux voyageurs se croisèrent sans le savoir et Bzy dût refaire le chemin en sens inverse. Si bien que lorsque notre papillon rencontra le grand homme, il arrivait au terme de la vie que la nature offre aux petits lépidoptères et que le dessein intime du philosophe ne fut élucidé ni par la première ni par la seconde bestiole dont on sait déjà comment l'existence fut abrégée par un sage maladroit. Nous voyons là que nous avons bien de la chance d'être un genre plus avisé que ne sont les papillons et de comprendre le message que nous a transmis Zhuangzi.
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Nouvelles clartés sur le rêve de Zhuangzi
Un petit conte pour l'été: A près des mois et des années, mais peut-être après quelques nuits seulement, il advint que le papillon qui chaque matin s'éveillait sans savoir s'il était Zhuangzi ou lui-même se lassa, il en éprouvait un inconfort indéfinissable et néanmoins certain. Le chétif animal se décida d'aller consulter un sage. D'autres penseraient que le soutien d'un psychologue lui aurait été d'un plus grand secours. Il reste cependant incertain qu'un papillon et un psychologue puissent tenir une conversation utile, ni même une conversation tout court, alors qu'un sage est un être capable de toutes sortes d'actions qui restent hors de portée des individus ordinaires, parmi lesquels il est permis de classer les psychologues. Nous devons écarter sans hésiter l'idée que ce sage était un maître du Tao. Nous serions entrainés sur des sentiers qui ne mènent nulle part ailleurs qu'en des labyrinthes improbables n'ayant pas plus d'issues que ceux de Borgès qui n'en ont pas. Nous refuserons avec une égale vigueur l'hypothèse que ces entretiens puissent avoir été tenus pendant un rêve, que ce rêve ait été celui du sage, du papillon ou de toute tierce personne. Est-ce assez clair? Le papillon donc, lorsqu'il fut en présence du sage, un sage particulièrement empli de sagesse sans doute mais que nous ne nous attacherons pas à définir plus précisément, exposa le motif de sa visite. Grand sage, il n'est plus de nuit que je ne rêve que je suis Zhuangzi. Le sage observa un silence de sage, car un sage qui serait trop prompt en sa parole perdrait rapidement tout prestige. Il convient de souligner que le silence d'un sage est aussi empli de sens que le vide du Tao ce dont le papillon, tout lépidoptère qu'il fut, était intimement persuadé, car rêver qu'il était Zhuangzi lui avait laissé quelques traces. C'est pourquoi il ajouta que ce qui l'irritait particulièrement c'est que le Zhuangzi qu'il rêvait être se rêvait lui comme un papillon et donc qu'en définitive dans son rêve papillon il restait, ce qui ne le grandissait en rien. Observons que le papillon ne prétendait pas qu'il était dévalorisant d'être lui-même. Le sage, curieusement, demanda qu'on lui apporte une pierre, tâche dont s'acquitta un acolyte car le papillon, bien que partiellement humanisé par ses contact nocturnes avec Zhuangzi en restait parfaitement incapable. Mettons, dit le sage, que dans votre rêve vous écrasiez le papillon que Zhuangzi pense être devenu. Ne seriez vous pas libéré de ce rêve importun? C'est que... Maître... enfin... on ne sait pas... et si... en définitive... qu'est ce que la vérité... qui sait où se cache... finalement? Un sage ne saurait s'agacer de rien, c'est entre autres à cela qu'on le reconnaît, aussi c'est sans malice aucune qu'il saisit la pierre, l'éleva devant son visage et déclara: Vous voyez cet objet inanimé, aurait-il plus d'entendement que vous? Et c'est à cet instant que les forces du vieux sage lui firent défaut et que la lourde pierre chut sur le papillon qui à jamais fut délivré de ses rêves. Toutefois, en ce qui concerne Zhuangzi, on ne sait pas si les siens cessèrent dès la mort du papillon qu'il rêvait être.
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Le vide concret
Il est clair qu'ici je bavarde assez souvent à propos du vide et de ses aspects divers. Et depuis fin janvier, si l'on oublie un dernier effort en mars, je traite du vide par le vide. Voilà qui est conséquent. Sans prétendre que ce soit reposant. Oui, vous savez, la mauvaise conscience.
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Lavoisier confirme Lao Tseu
Il règne ici un laisser aller déplorable, certes une telle affirmation ne va pas nous disculper, mais foin de battage de coulpe. Les lecteurs les plus attentifs n'auront pas manqué de remarquer que, après la publication de points de vue tous plus approximatifs les uns que les autres, le mois de février est resté vide de tout billet. Il ne s'agissait pas d'une illustration volontaire de principes de la vacuité, mais de la conjonctions de facteurs externes, dépendant ou non de ma volonté, voire de l'absence de celle ci. Je reviens aujourd'hui avec une approche physico-philosophique, que d'autres diront métaphysique. Prenons donc un vase, ou plutôt une urne, vide il va de soi de tout contenu sinon d'air atmosphérique. Lao Tseu nous enseigne que l'important n'est pas l'urne mais le vide qu'il contient. Nous tenterons une expérience décoiffante. Nous prendrons donc du vide intersidéral et le plus pur qu'il soit. Par des moyens idoines, et adéquats s'il le faut, nous tenterons d'emplir notre urne de cet éther. Nous constaterons que, quelque zèle que nous y puissions mettre, l'éther entrera dans l'urne sans limitation. Nous pourrions y passer l'éternité si nous avions le temps que celle ci continuerait d'absorber le subtil élément. D'où il ressort que l'infini peut être confiné en peu d'espace. Et voilà le taoïsme confirmé par la physique.
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Le vide et ses effets inattendus
Une des caractéristiques essentielles du vide est d'aspirer les corps solides dont, jusqu'à plus ample informé, nous faisons partie. On peu craindre en conséquence que si, à force d'exercices mentaux et pratiques physiques adéquats, nous parvenions à faire le vide en nous mêmes, nous nous ratatinions immédiatement comme un ballon crevé. Il faut rassurer nos adeptes, le vide qui peut emplir celui qui réussit à parcourir le chemin qui n'en est pas un, est un vide positif et de caractère non euclidien. Dont il faudrait craindre plutôt qu'il aboutisse à nous enfler démesurément, comme il arrive à certains que leur propre sagesse enivre. Fort heureusement cette enflure se situant au niveau moral, si telle mésaventure nous arrivait, la surface de notre enveloppe corporelle en resterait indemne.
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Ils ont de la suite dans les idées
Lorsque je me connecte à ce blog, l'arsenal publicitaire qui me scrute et tente de me vendre quelque service me prend pour une grosse dame et me propose de maigrir par une méthode aussi séculaire que naturelle. La pertinence de cette publicité en ce qui concerne ma personne est assez mauvaise, je suis un homme et n'ai accumulé aucun excès de poids. Aussi, après trois mois de non cliquage de ma part dans le message concerné, je me suis vu proposer des contacts en vue d'établir des relations complices et même amoureuses. C'est assez logique, si je suis mince puisque je ne clique pas, je suis statistiquement plus désirable que la moyenne de ceux qui ne le sont pas. Puis comme je ne cliquais toujours pas, semblant dédaigner les contacts amoureux, ils se sont inquiétés et ont du lire mon blog. Je ne sais pas comment je dois prendre la chose, ils me proposent d'avoir recours à la marque Esprit. C'est probablement qu'ils ont analysé que j'en manque cruellement.
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Demeurer en son village
Le pouvoir de l'habitude est tel que si par exemple un violoniste, en conséquence de la fusion des maisons Stradivarius et Selmer, se trouve avoir entre les mains un saxophone, il le caresse de son archet et n'en tire qu'un son médiocre. C'est à la suite de telles mésaventures que la maison Stradivarius-Selmer a abandonné la fabrication d'instruments de musique et s'est lancée dans la vente d'aspirateurs sans sac sous la marque Dison. Nous voyons là que si les maisons Stradivarius et Selmer avaient suivi les principes de Lao Tseu, elles seraient restées chacune en son village, c'est à dire qu'elles n'auraient pas fusionné, l'une et l'autre demeurant dans son domaine d'excellence. Dison semble bien fonctionner jusqu'à ce jour, mais elle ne vend pas nécessairement à des musiciens, ce qui est une bénédiction pour le public des concerts classiques car un tutti d'aspirateurs est pénible aux oreilles.
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Le bon usage du vide
Selon Lao Tseu, c'est clair, le verre vide est destiné à être rempli, on trouve une parenté de sa pensée avec celle de Jacques Brel « Ami remplis mon verre, encore un et je va etc etc » avec la sagesse éternelle des chambrées militaires « Ami Léon ami Léon rempli ton verre et surtout ne le renverse pas » Beaucoup on pensé, de bonne foi, qu'il suffisait de se réclamer de Lao Tseu pour parvenir à déguster sans bourse délier les plus prestigieux crûs de Bourgogne et de Bordeaux tels le Mouton Rotschild et le Romanée Conti, qu'ils soient détrompés, les propriétaires de ces nectars ne sont pas taoïstes, alors pas du tout. Rassurons les cependant, dans toute la France il y a pléthore de vignerons taoïstes et de surcroit extrêmement sympathiques, alors que chez Rotschild ils sont un peu pincés. Il est clair que la fréquentation de Lao Tseu rend jovial et bon enfant. Cela dit je vais profiter de mon verre vide pour déguster un petit bourgogne aligoté à votre santé.
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