Balivernes et philo
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Le vide et ses effets inattendus
Une des caractéristiques essentielles du vide est d'aspirer les corps solides dont, jusqu'à plus ample informé, nous faisons partie. On peu craindre en conséquence que si, à force d'exercices mentaux et pratiques physiques adéquats, nous parvenions à faire le vide en nous mêmes, nous nous ratatinions immédiatement comme un ballon crevé. Il faut rassurer nos adeptes, le vide qui peut emplir celui qui réussit à parcourir le chemin qui n'en est pas un, est un vide positif et de caractère non euclidien. Dont il faudrait craindre plutôt qu'il aboutisse à nous enfler démesurément, comme il arrive à certains que leur propre sagesse enivre. Fort heureusement cette enflure se situant au niveau moral, si telle mésaventure nous arrivait, la surface de notre enveloppe corporelle en resterait indemne.
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Ils ont de la suite dans les idées
Lorsque je me connecte à ce blog, l'arsenal publicitaire qui me scrute et tente de me vendre quelque service me prend pour une grosse dame et me propose de maigrir par une méthode aussi séculaire que naturelle. La pertinence de cette publicité en ce qui concerne ma personne est assez mauvaise, je suis un homme et n'ai accumulé aucun excès de poids. Aussi, après trois mois de non cliquage de ma part dans le message concerné, je me suis vu proposer des contacts en vue d'établir des relations complices et même amoureuses. C'est assez logique, si je suis mince puisque je ne clique pas, je suis statistiquement plus désirable que la moyenne de ceux qui ne le sont pas. Puis comme je ne cliquais toujours pas, semblant dédaigner les contacts amoureux, ils se sont inquiétés et ont du lire mon blog. Je ne sais pas comment je dois prendre la chose, ils me proposent d'avoir recours à la marque Esprit. C'est probablement qu'ils ont analysé que j'en manque cruellement.
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Demeurer en son village
Le pouvoir de l'habitude est tel que si par exemple un violoniste, en conséquence de la fusion des maisons Stradivarius et Selmer, se trouve avoir entre les mains un saxophone, il le caresse de son archet et n'en tire qu'un son médiocre. C'est à la suite de telles mésaventures que la maison Stradivarius-Selmer a abandonné la fabrication d'instruments de musique et s'est lancée dans la vente d'aspirateurs sans sac sous la marque Dison. Nous voyons là que si les maisons Stradivarius et Selmer avaient suivi les principes de Lao Tseu, elles seraient restées chacune en son village, c'est à dire qu'elles n'auraient pas fusionné, l'une et l'autre demeurant dans son domaine d'excellence. Dison semble bien fonctionner jusqu'à ce jour, mais elle ne vend pas nécessairement à des musiciens, ce qui est une bénédiction pour le public des concerts classiques car un tutti d'aspirateurs est pénible aux oreilles.
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Le bon usage du vide
Selon Lao Tseu, c'est clair, le verre vide est destiné à être rempli, on trouve une parenté de sa pensée avec celle de Jacques Brel « Ami remplis mon verre, encore un et je va etc etc » avec la sagesse éternelle des chambrées militaires « Ami Léon ami Léon rempli ton verre et surtout ne le renverse pas » Beaucoup on pensé, de bonne foi, qu'il suffisait de se réclamer de Lao Tseu pour parvenir à déguster sans bourse délier les plus prestigieux crûs de Bourgogne et de Bordeaux tels le Mouton Rotschild et le Romanée Conti, qu'ils soient détrompés, les propriétaires de ces nectars ne sont pas taoïstes, alors pas du tout. Rassurons les cependant, dans toute la France il y a pléthore de vignerons taoïstes et de surcroit extrêmement sympathiques, alors que chez Rotschild ils sont un peu pincés. Il est clair que la fréquentation de Lao Tseu rend jovial et bon enfant. Cela dit je vais profiter de mon verre vide pour déguster un petit bourgogne aligoté à votre santé.
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Le monde flottant et le vide
L'univers japonais connu sous le nom de Monde flottant était celui des acteurs, des geishas et des peintres qui le mettaient en estampes. Pour moi ce terme s'applique parfaitement au tissu de relations éphémères, fallacieuses et désincarnées que le net véhicule. C'est un monde dans lequel il serait facile de faire le vide en deux clics, tellement plus facile que de nettoyer nos sentiments. Sauf que prisonniers de l'éternelle roue Samsara, nous préférons continuer à vivre dans cette impermanence électronique. Bigre, ce n'est pas là le ton de ce blog qui n'a pas pour objectif de vous conduire à l'éveil. PS: mon correcteur orthographique ignore « impermanence et Samasara » CQFD
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Autre aspect du vide, franchir un gouffre.
Vous êtes devant une rivière profonde où l'eau coule impétueusement au fond d'une gorge. Vous avez impérativement besoin de passer de l'autre côté, et ce n'est pas là que se pose le problème philosophique.Parce qu'il serait commode de dire qu'il est sage de renoncer à passer. On ne discute plus, vous devez passer, il n'y a pas de pont ni de gué accessible sur des centaines de kilomètres tant en amont qu'en aval. Vous disposez d'une planche mais elle est trop courte, elle n'enjambe pas le gouffre terrifiant. La question n'est pas de trouver quelque moyen mécanique pour palier le problème technique, tel que scier la planche en deux dans le sens de la longueur d'attacher les deux planches ainsi obtenues etc et j'en passe. La question qui nous préoccupe est de savoir par quel bout la planche est trop courte: par le côté qui approche de l'autre rive ou par celui qui est sur la rive que vous occupez. Nous allons entendre beaucoup de discours en faveur de l'une ou l'autre des hypothèses, tous seront erronés. Car c'est au milieu que la planche est trop courte.
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Le Vrai classique de la simplicité et de la vacuité de la vertu parfaite
C'est ce titre plein de modestie que l'empereur Zhenzong décerna au Lie Zi en 1007 de notre ère. Pour sa part, l'auteur supposé héritait du titre de « Seigneur transcendant de la simplicité et de la vacuité contemplateur du mystère » Beaucoup de mots pour qualifier le vide d'une part et un auteur qui jamais n'exista d'autre part, mais l'empereur est tout puissant, il ne saurait donner des noms qui ne soient emplis de sa grandeur. De nos jours nous avons baptisé cet ouvrage plus simplement du titre "Le vrai classique de Vide parfait. Un directeur de chaine publicitaire avait parfaitement compris le Lie Zi puisqu'il diffusait des programmes suffisamment débilitants pour faire le vide chez les spectateurs et les préparer à recevoir les messages publicitaires. Il avait compris qu'on ne peut emplir parfaitement que le vide et plus encore que le vide d'un cerveaux est une marchandise, ce qui est remarquable à défaut d'être philosophiquement admirable.
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Le vide parfait observé par une lorgnette à deux petits bouts.
Nous prenons un sage, un demi sage, ou un apprenti sage tout empli d'aspirations taoïstes. Cet homme (ou femme) n'aura qu'un but: aboutir au vide parfait, s'emplir de la vacuité. Il voudra, sagement, procéder par étapes et remplacer en lui des pans entiers de fausse sagesse par des quantités de vide de même capacité. Quelle erreur, sitôt installé dans le mental le vide va s'y dissoudre se mélanger intimement à la pensée restante qui deviendra seulement plus légère, moins dense, plus inconsistante. Comment y remédier? Peut être diviser le cerveau de l'intéressé en plusieurs compartiments étanches aux parois non déformables et tenter ainsi de l'emplir progressivement de vide, ce qui n'est pas la même chose que de le vider. Le vide parfait est, tous qui me lisez en avez l'intuition, un vide concret, non un vide par défaut. Cette méthode paraissant difficilement réalisable, il ne reste qu'une solution: remplacer d'une seule opération la fausse connaissance par le vide parfait au moyen d'une sorte d'illumination. Ce qui à première vue paraît malaisé.
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L'accroissement du vide
Le vide parfait est considéré par les taoïstes comme l'aboutissement même de la sagesse. Il semblerait donc qu'aucune philosophie ne devrait avoir un but différent et que les efforts que nous faisons pour accroitre notre sagesse devraient se traduire par une augmentation du vide dans nos propos, lesquels deviendraient de plus en plus inconsistants, de plus en plus vains. Si bien qu'à un moment donné, emplis de honte, nous n'oserions plus proférer la moindre parole. Nous aurions atteint la finalité suprême, le vide et la perfection du silence. Je recueille de temps à autre quelques commentaires désobligeants qui me conduisent à penser que j'approche du but.
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Les non résolutions
Compte tenu de ce qui va suivre j'ai attendu le 9 du mois pour le proclamer urbi et orbi.Les bonnes résolutions de début d'année sont une sorte de constante dans nos sociètés, ainsi, tous les trois cent soixante cinq jours nous nous sentons travaillés d'un prurit, d'un désir de mettre de l'ordre dans nos vies, de ne plus nous curer le nez ni les oreilles en public ou d'amender nos existences de telle et telle façon. Je ne sais pourquoi j'éprouve le besoin de faire observer que si notre planète était plus proche du soleil et sa révolution plus courte, alors que la température moyenne serait notablement plus élevée, le rythme de nos prises de bonnes résolutions en serait accéléré. De même si nous étions plus éloignées de l'astre solaire, nous ne prendrions de telles décisions qu'à plus faible cadence, ce qui met à mal l'opinion généralement admise que le froid rend plus dynamique et la chaleur plus indolent. Je ne sais pas si de telles observations ne devraient être portées à la connaissance de ceux qui, sur injonction du gouvernement, débattent actuellement de notre identité nationale. Toujours est il qu'en ce qui me concerne, je n'ai pris aucune résolution sur la cadence de parution des brimborions insignifiants qui composent ce qu'il convient d'appeler la matière de ce blog et qu'ils continueront à être proposés avec la plus grande irrégularité.
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Métaphysique des tubes, suite
L'organe essentiel, celui qui confère son utilité au tube, n'est autre que le joint. (attribué à Jacob Delafon) Cet aphorisme contient plus de sens qu'il n'y paraît à première vue. Si en effet on considère un tuyau d'un point de vue taoïste, il n'est pas indifférent de voir que nous avons là une illustration du vide et du plein. Le tube non fuyant est donc l'image du tout contenu par le vide alors que celui dont le contenu s'écoule par négligence n'est l'image de rien. Ce n'est évidemment pas par hasard que nous avons déposé un petit paradoxe dans l'alinéa précédent. Sauf qu'il ne faut confondre le vide avec le rien, surtout si ce dernier implicitement signifie rien du tout. On ne s'étendra pas d'autre part sur la tranquillité d'esprit que confère une plomberie étanche et le nombre important de concepts qui peut naître d'une âme libérée des inquiétudes matérielles.
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Comment concilier le long et le court
Il est de brefs silences qui n'en disent guère moins que de longs discours. Autocitation Le problème, lorsque l'on part d'une citation quelconque, choisie à a va vite, est toujours, mais que va-t-on bien pouvoir en dire. Ici, je suis contraint de faire court, par le sujet même. En premier lieu, étant d'un naturel taciturne, le bref silence m'est assez étranger. J'aurais peut être du avancer un aphorisme différent tel: Il est de longs silences qui n'en disent pas plus que de brefs discours. Cela semble une évidence, mais il faut se méfier des évidences. L'aphorisme de toute manière est contraint, si l'un des membres est bref, le second doit être long et vice versa. Tout après réside dans l'art de la copule et le choix judicieux ou non du plus et du moins. Toutefois, je cherchais aujourd'hui comment ne rien dire et mon but est atteint.
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Vivre pleinement
L'ubiquité est un état qui en a tenté plus d'un, être ici et partout et nulle-part voilà qui émoustille. Ce désir est en fait le comble de l'hédonisme, il s'agit de tout vivre simultanément. Avoir une façade décorative et épicurienne et se taper la cloche sans remords derrière la paravent. Mais déjà vivre simultanément plusieurs expériences épicuriennes est une façon de se goinfrer par petites touches, on n'y échappe pas. Toujours est-il que le flou spacio-temporel exposé dans les précédents billets doit être d'un grand secours à celui qui ne supporte pas de mourir idiot. On peut aussi avancer que l'ubiquité permet de vivre plusieurs expériences ascétiques, à se priver plus que possible de tout. Encore une perspective vertigineuse.
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De nulle part
Chemins qui ne mènent nulle part.
J'incline à penser que cet ouvrage de Heidegger fourmille de notions non satisfaisantes. Je renvoie pour vérifications les savants à leur bibliothèque, les autres à leur libraire. En ce qui me concerne je n'ai plus de temps à perdre.
Passé sommairement sur l’ici et le là-bas, qu'en outre et grosso modo je pressens réunis dans le partout, (Ce qui m'épargne de mieux définir ce dernier terme) je demeure contraint d’aborder le nulle part, notion qui avec les deux précédentes forment une bancale trinité spatiale voire temporelle universelle ou presque
Noter en passant que presque universel est en soi une absurdité de taille, il en faut plus pour m'intimider.
Le nulle part, c’est de notoriété publique est difficile à situer.
On truque parfois en allant prétendre qu’il est ailleurs, ce qu’il convient de rejeter avec mépris.
L’ailleurs en réalité n’est qu’un des visages du là-bas que nous avons déjà situé comme étant confondu avec l'ici, tous ces lieux s'étendant, ce devrait être notoire, sur le territoire du partout comme esquissé ci dessus.
Convenons que la réunion de ces notions en un même lieu présente un aspect pratique incontestable.
Car il ne reste qu'à définir le nulle part comme se situant en tout autre endroit non inclus dans les précédents, ce qui ne se rencontre pas à tous les carrefours.
Ceux qui ne sont pas convaincus ne sont pas forcément loin de la vérité.
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Si loin, si proche
Après avoir défini ici et là-bas comme étant un lieu unique, on se sent un peu désemparé. Nous voici donc arrivé. Et puis nous vient quelque idée de sagesse, orientale précisera immédiatement l’importun (qu’il aille d’abord contempler la Chine et l’Inde avant de proférer de telles insanités) La sagesse est en chacun, personnelle et incommunicable, le plus souvent ignorée même de son hôte. Tous les lointains sont à porté de ma main, à une encablure d’ici. Je m’en empare et je m’y immerge, dès que j’ai terminé ma tasse de café.
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